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15 janvier 2009

Gaza : les "derniers" feux de l'enfer...

Il semble qu'Israël va être contraint d'accepter le cessez-le-feu. Il le fera de toute façon avant mardi prochain, jour de l'investiture d'Obama.
Mais d'ici là ?
A-t-il décidé de rayer de la carte Gaza ne laissant que ruines et charniers ?

Aujourd'hui a été le jour le plus violent depuis le début des bombardements.
L'état d'Israël s'est permis encore de bafouer le monde entier.
Sources : Le Monde

  • 3 obus au phosphore sur un entrepôt de l'ONU. 3 blessés parmi le personnel, des dizaines de tonnes de médicaments, de nourriture, de matériel parties en fumée.
  • L'hôpital Al Qods touché par des obus. La pharmacie détruite et des dizaines de blessés et leurs familles pris au piège.
  • 2 journalistes blessés après un tir de missiles par un avion contre la tour Al Chourouk connue pour abriter les rares agences de presse fonctionnant encore.
  • Des victimes civiles par dizaines venant ainsi alourdir un bien sombre tableau de chasse.

Comme si Israël tirait ses dernières salves en voulant régler ses comptes...

gazaLyon

Mercredi soir, de 18h00 à 20h00, à Lyon plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés place Bellecour en soutien au peuple palestinien pour écrire le nom de GAZA en lettres de feu.


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Je voudrais également vous demander de lire deux textes d'une femme, juive, israélienne. Elle s'appelle Nurit Peled-Elhanan. Fille d'un général israélien et mère d'une adolescente tuée dans un attentat kamikase commis par un Palestinien.

Le premier texte date du 8 mars 2005 lu devant le parlement européen lors de la journée de la Femme.

Le second, presque vieux d'un an, date du 26 janvier 2008, il a été lu devant la porte d'Eretz, lieu de passage entre Israël et la bande de Gaza. Fermée depuis des mois.

Elle y dit notamment :

Et que pouvons-nous dire à cet enfant, qui nous demande des comptes – à nous qui sommes devant les portes de Gaza, impuissants ? Que lui expliquerons-nous à lui et aux autres enfants affamés et malades, enfermés dans ce terrible ghetto, entourés de barbelés, que pourrons-nous dire aux nouveaux-nés dont les vies ont été étouffées dans des couveuses avant même qu’elles ne commencent, ces vies, parce que l’Etat des Juifs a coupé le flux d’oxygène ? Que pourrons-nous dire aux mères qui vont en quête de pain pour leurs enfants dans les rues de Gaza, et que pourrons-nous nous dire à nous-mêmes ? Seulement cela : soixante ans après Auschwitz, l’Etat des Juifs enferme un peuple dans des ghettos et l’assassine par la faim, l’asphyxie et la maladie.

S'il vous plait, prenez la peine de lire ses mots plein d'humanité et bouleversants.


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14 janvier 2009

Gaza... Sources d'informations et symboles

Le sort de Gaza m'obsède. Je passe un temps fou sur le web pour obtenir des informations fiables, rechercher, essayer de comprendre...

J'ai des convictions, aucune vérité.

Vous trouverez ci-dessous un certain nombre de liens de sites sur lesquels je vais régulièrement.

Info-Palestine, site partisan mais on le devient à moins.

Centre d'actualités de l'ONU

Urgence-Gaza, le décompte journalier de la colonne de droite me donne des frissons.

GlobalVoices une traduction en français de blogs internationaux dont certains de Gaza, poignants.

Comité International de la Croix-Rouge

Moments of Gaza : blog collectif de Gaza (en anglais)


Enfin, je vous incite à suivre ce lien Charte du Mouvement de la Résistance Islamique (Hamâs) fort obligeamment conseillé sur de nombreux blogs pro-israéliens.

Sa lecture est en elle-même édifiante.

Mais je vous conseille vivement également de poursuivre votre lecture et de lire l'ensemble du site qui abrite cette traduction en français de la charte du Hamas.

Vous pourrez y lire ceci :
"
Les             partisans continueront à se faire traiter de "terroristes" par l'occupant comme d'"ennemis de la paix" par la communauté internationale. Mais la même communauté internationale, en tuant la justice dans l'humiliation, n'est même pas assurée d'obtenir un répit dans le conflit du Proche-Orient. Elle alimentera, en revanche, un peu plus encore, le ressentiment des peuples dépendants qu'un islam raidi réussit de mieux en mieux à structurer. De façon tout aussi inéluctable, elle mènera à l'aliénation puis à la mort ces couches nationalistes pour une part encore intègres, et porteuses de projets de société plurielle. Beaucoup déjà, tel Dr Abd el-Shafi, ont du, dans la crainte de cet avenir prendre leurs distances par rapport au processus en cours."

Ces lignes ont été écrites en 1994 par l'auteur du site, Jean-François Legrain du CNRS. Vous pourrez trouver également facilement sur le net ses analyses pertinentes sur la crise actuelle.

Tout celà m'amène à dire que je déplore la baisse d'influence énorme des laïques tant du côté palestinien qu'israélien.

Enfin dernière précision, concernant l'histoire, les symboles et les photos. Une des photos que j'ai prises lors de la manifestation parisienne de samedi dernier, reprise sur le net, semble poser problème notamment chez Cécile. Et je tiens à souligner, que par bien des aspects, je partage son émotion si ce n'est ses réactions.
Il s'agit de cette photo ci :

20090110_3961r



Je voudrais alors vous donner à voir celle-ci :

hebron


Photo prise à Hébron, dans le quartier "arabe" de la ville après des incidents très violents entre les colons israéliens et des arabes israéliens. Photo trouvée ICI.
Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvée cette dernière photo avant la manifestation de samedi. Elle m'avait tellement choquée que ma photo de samedi n'était pas "innocente".

J'espère seulement que ceux qui ont pu être indignés par ma photo seront au moins aussi indignés par celle-ci et qu'ils la mettront également sur leur blog...

Ces deux photos posent un problème de conscience.
Et quand la haine est présente elle porte en elle des tragédies.


Gaza en est une !


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10 février 2008

Deux millions...

Ce week-end j'ai dépassé le cap des deux millions de pages lues sur mes deux blogs, avec quasiment une même répartition entre eux.
Je n'en tire aucune fierté ou gloire. Juste une grande satisfaction.
J'avais créé le premier blog, puis le second en réaction à la décision de MSN de "vendre" les communautés adultes. J'avais ouvert une telle communauté pour faire découvrir des photographes qui me plaisaient.
Mes blogs ont toujours la même volonté.

J'en suis aujourd'hui à 191 photographes offerts à vos regards, vos réactions,  vos commentaires.

Mon envie est de partager avec vous le plaisir de découvrir le travail d'un photographe, son regard, ses techniques, ce qu'il nous donne à voir.

Ces blogs m'ont permis également de découvrir avec un immense plaisir des êtres vivants, avec qui j'ai partagé et je partage des envies, des passions, des colères.

Mes blogs ne sont pas non plus coupés de ma vie réelle. J'y réagis en fonction de mes valeurs, de mes espoirs, de mes désillusions.

Alors à vous tous, lecteurs, photographes, un énorme merci !!!

Et pour illustrer ce texte, je remets la première photo publiée (en réaction à un article de mélie, déjà!)


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Photo de Johannes Kuhl




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4 décembre 2007

Anikout... pour illustrer deux lettres


Certaines photos me font penser irrésistiblement et immédiatement à quelqu'un en particulier. Il en va ainsi de certaines photos d'Anikout, merveilleuse photographe polonaise. (aussi ici)

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Je vais vous parler ce soir de mes relations "épistolaires" sur messenger avec une blogueuse à l'humour décapant.
Je reçois très régulièrement de sa part deux lettres.


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Non. Non. Pas des lettres d'amour !
Pas plus que des lettres d'injures ou ampoulées.
Simplement deux lettres. De l'alphabet. Et qui émaillent en permanence nos dialogues.


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A et H ou h et a


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Parfois en minuscules, parfois en majuscules, toujours présentes, elle les marie à l'envie, les triture avec délectation, les assemble à son gré, imagine toutes les combinaisons possibles, les étire à l'infini.
C'est à chaque fois pour moi, un plaisir. Un enchantement. Mais teinté de perplexité, me forçant à la réflexion. Les ai-je bien interprétées ? Ne suis-je pas à côté de la plaque ? Qu'est-ce donc qui les a provoquées ?


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Après un soliloque sur les différents points, me voilà maintenant confronté à ces deux lettres !


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Ah et Ha ne veulent pas dire la même chose.
Pas plus que ah et Ah, ou que haaaaaaaaaaaaaaaaa et aaaaaaaaah.


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Ah, j'avoue, bien qu'ayant une imagination fertile, être parfois perdu ou du moins interloqué.

Je me demande simplement, si elle n'a pas trouvé là, un excellent moyen pour fixer mon attention... Si c'est le cas, c'est parfaitement réussi.


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Je me demande également comment elle va jongler avec le a et le h à la lecture de cet article.


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Immense sourire.


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21 janvier 2008

Piotr Pajfer (Sailor)

Humeur légère ce soir... envie dans ce cadre de vous faire partager des photos de Piotr Pajfer, photographe polonais dont vous pouvez retrouver les galeries ici et .
Complicité au travers de ces photos, avec mes vilaines mais aussi avec mélie, car les glaçons peuvent apporter des sensations rares sur des fesses échauffées... sourire.
Recherche, imagination et douceur ; voilà mon ressenti au travail de Piotr Pajfer.


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5 décembre 2006

Nad Iksodas...suite

Parfois ce sont des mots qui expriment nos envies, pour d'autres des photos "parlent" à notre imagination, à nos désirs. Elles subliment nos fantasmes.
Pour tous la force du regard.
Et comment ne serait-ce pas facile d'exprimer cette diversité, cette complétude en s'appuyant sur le talent ?
Ce soir il s'agit de celui de Nad Iksodas.


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30 mars 2008

Irene Pakhomoff

Irene Pakhomoff est une jeune photographe russe. La photo est son moyen d'expression. Elle se photographie, photographie ses ami(e)s ou est photographiée par eux. Désespoir, délires, poésie, provocation, tout y passe, naturellement et avec talent.
Vous pouvez la découvrir plus longuement ICI et ICI, mais ne ratez surtout pas son blog, miroir de sa vie, de ses humeurs.
Elle est le reflet pour moi de ces millions de jeunes à travers le monde qui ont un blog, pour dire, chuchoter et hurler.


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29 mars 2008

Gary Kapluggin

Très occupé en ce moment par un projet qui me tient à cœur, je n'en reste pas moins fidèle à mon envie de vous faire partager mes découvertes.
Aujourd'hui il s'agit de Gary Kapplugin. J'aime la diversité de sa créativité et la qualité de ses techniques. A travers ses photos, il nous fait voyager dans des mondes différents, passant avec brio du réel à l'imaginaire poétique.

Gary Kapluggin est néo-zélandais et vit en Allemagne.
Visitez aussi son site ICI, une large galerie ICI, le plaisir des yeux vous y attend.


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20 mars 2008

SMS suite et fin ?

Le 6 février dernier, ici même, j'avais fait état de l'information diffusée par le site du Nouvel Obs concernant l'envoi d'un SMS par Nicolas Sarkozy à son ex-épouse Cécilia.
Nicolas Sarkozy avait réagi en portant plainte d'une façon inusitée jusqu'alors.
Dans un coin de ma tête, je m'étais promis de relayer aussi l'information concernant les suites de cette "affaire".

Cette histoire a rebondi hier par l'annonce de Carla Bruni-Sarkozy dans la presse, du retrait de la plainte de son Président de
marri mari suite à une lettre d'excuse du journaliste. Ce retrait de plainte devrait conduire à un classement de la procédure judiciaire.

L'historique est ICI.

Ce que j'en retiens :

  • le journaliste maintient son point de vue
  • la direction du Nouvel Obs a condamné la publication de cette information sur son site
  • Cécilia a nié avoir reçu un tel SMS
  • Nicolas Sarkozy a eu recours à une procédure tout à fait exceptionnelle dans ce genre de cas.

D'une façon plus générale, relayer l'information peut présenter quelques dangers dans le monde des blogs, voir à ce sujet l'article de Missrainette.

Par la force des choses, je suis actuellement grand "consommateur" d'informations. Il me semble de plus en plus évident que la maîtrise de l'information est un enjeu primordial dans le formatage des esprits. Nous le constatons tous les jours dans le "traitement" des informations en ayant un minimum de sens critique...

Je vais donc continuer tranquillement, à mon niveau, à faire ce que bon me semble ! sourire...

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Piqué un dessin à Maëster avec toute mon admiration



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11 mars 2008

Michael Rosen

J'aime les photos de Michael Rosen. Elles ont, pour moi, un côté jubilatoire. L'acceptation du plaisir sexuel dans toutes ses composantes, entre adultes consentants. Michael Rosen parle de "radical sex".
Regard tout à la fois de voyeur et de complice. Prenez le temps de visiter ses galeries, vous y trouverez ce que vous n'avez pas osé chercher !... sourire.
Ma sélection de ses photos sera de deux ordres, d'une part plaisirs féminins parce qu'elles me "parlent" et d'autre part un patchwork de plaisirs...


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8 mars 2008

Malixe... le bouquet

Le 8 mars étant ce qu'il est, à savoir la journée internationale des Femmes, j'avais envie d'illustrer à ma façon ce jour. Moyen de souligner aussi tout ce que je dois aux Femmes... sourire.
Merci à So pour ce lien donné aujourd'hui.
Malixe, photographe américain, a fait sur son site une galerie BDSM intitulée : BDSM - Bouquets. Trop tentant pour ne pas vous offrir à ma façon quelques fleurs... sourire.
Pour vous, donc, mes Dames et même une ou deux photos pour Dame.


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Spéciale dédicace pour ma "raisonneuse":

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2 mars 2008

Dmitriy Kirilloff

Quand les photos sont en phase avec mon humeur... c'est toujours un plaisir ! J'aime découvrir un nouveau photographe (nouveau pour moi), et m'imprégner de sa sensibilité, de ses choix, de son regard.
Petite poussée d'adrénaline quand au fil des liens suivis au hasard, je tombe sur une "perle".
Il en fut ainsi quand j'ai découvert le travail de DK, photographe nicaraguayen, tout dernièrement.

Edit du 3 mars : grâce à Alic'ine :)  je peux enfin mettre le patronyme de Dmitriy Kirilloff sur ses initiales DK. Merci à toi. Nerilka a trouvé également deux autres liens pour appréhender toute la diversité du talent de ce photographe. ICI et LA. Je pense donc qu'il a peu de chance d'être nicaraguayen, tout au plus, y vit-il... sourire.


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Clin d'oeil à Jean


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13 décembre 2006

Pouvoir d'être

Merci à toi Cats pour tes mots...


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Mister_Bernadine_Circumnavigates_the_World

8805534

Le début se fondit dans des mots policés

Gentiment chuchotés sur un ton d’attirance

Des mots du bout des doigts d’aventure épicés

Une invite empressée de bien douce apparence


Puis il y eut les corps et le fracas des chairs

Les pulsions assouvies et les désirs jumeaux

Des êtres en miroir qui acceptaient l’enchère

De plaisirs inconnus ligaturés de maux


Combien lors d’ouragans secouèrent leurs lits Ces

Tempêtes de leurs sens hurlaient leur appétence

Aux vagues répondant où leurs peaux rugissaient

Déferlèrent les cris de jouissances intenses


Le silence se fit ouvrant un univers

Où coulait la confiance aux froissements des peaux

Dans la sérénité ils avaient découvert

Qu’ils n’avaient plus besoin de leurs vains oripeaux


Tombèrent sur le sol dans un soyeux murmure

Les frusques du passé et des anciens mensonges

Ils étaient enfin Eux libérés des armures

Qui les cachaient avant qu’ils n’aient semblables songes


Et leurs cœurs emmêlés à la même mesure

Dans chaque battement au-delà du paraître

Poussait légère nef sur leur sanguin azur

Car ensemble ils trouvaient enfin le pouvoir d’être


Sur une image de Bernadine ...Réponse à Exigeant


unerosepassion


5 juin 2007

Recrue des sens

.

10C

Photo Al Magnus


Ses mots réguliers en résonance

Viennent casser ma somnolence.

Brusque sursaut de pétulance

Au creux d’un désertique silence.

Des rimes, des pieds et d'aisance

La fosse en rit et s’en balance

Maux éphémères en partance

En une fugitive turbulence.


9C

Photo Al Magnus

Age venu des réminiscences

Improbable cure de jouvence

En des délires d’adolescence

Niant fermement toute rémanence

Chants des plaisirs, en bi valence

Attirances en toute évidence

Témoin tendu en confiance

Secrets tus avec intelligence

Délicate essence :

Je, en déliquescence

Tu, en pourpre éminence

Pour devenir un des sens.


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Photo Martin Boelt


Ces quelques mots amusés pour tirer un coup de chapeau à une nana occupée qui de par ses mots m'a donné envie de rejouer avec les miens, en m'imaginant jouant de ses maux.


3 juin 2007

Nicola Ranaldi

Au delà des apparences...
Autrement dit, lorsque la représentation du sujet, dépasse le sujet lui-même pour interpeller directement notre imaginaire, nos envies, nos désirs, nos fantasmes.
Quand nerilka m'a fait découvrir Nicola Ranaldi, j'ai été scotché par la capacité de ce photographe à m'entrainer bien au delà des apparences.
En est-il de même pour vous ?


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Seuls des esprits chagrins pourraient établir une relation entre le talent de ce photographe et les capacités de certains de nos hommes politiques à nous bercer d'illusions... sourire.

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2 avril 2007

Sarkozy triomphe ?

Et si le bilan de la politique sécuritaire de Sarkozy était un succés ???

La "gauche" dénonce son bilan comme un échec important. Les derniers événements de la Gare du Nord la semaine dernière m'interrogent. De même que l'évacuation et la destruction d'une maison de la culture au Danemark début mars (voir les conditions  et le rapport dans l'article du Monde diplomatique d'avril 2007).

Et je me demande si Sarkozy n'a pas tout simplement réussi ce que Papon, Marcelin, Poniatowski avaient tenté sans résultat : couper la nation républicaine de sa police.

Social_democratie

Photo trouvée

Les rapports sont tels aujourd'hui qu'il y a défiance, voire haine, entre la population et les forces de l'ordre censées la protéger. Je ne parle pas que du 93 ou de certains quartiers "chauds" mais bien d'une vision générale.

Le rôle de la police républicaine est de faire respecter les lois de la République. Elle n'est pas au service d'un pouvoir. Elle garantit l'ordre et le droit républicain.

Aussi bien en tant que "consommateur" qu'en tant que "professionnel" le compte n'y est pas. La population subit "sa" police sans comprendre son fonctionnement, et les policiers se recroquevillent de plus en plus, parfois la peur au ventre, se "sanctuarisent"... L'esprit de corps atteint des niveaux jamais égalés. Il y a quelques années, certains syndicats de policiers reconnaissaient quelques bavures ou souhaitaient que l'on vire les flics racistes des commissariats. Aucun écho en ce sens aujourd'hui...

Au moment où l'on pénalise sévèrement toute manifestation d'opposition (mois fermes contre les opposants au CPE, les faucheurs volontaires, le refus des empreintes génétiques,  la défense des enfants scolarisés de clandestins,  l'opposition au vol des expulsés en avion, etc.) il me semblerait terriblement dangereux pour nos libertés républicaines, de laisser la police aux mains du chantre de l'ultralibéralisme.

Méfions nous qu'à terme, à être coupés de la police nous soyons en fait privés de libertés ! L'histoire nous a enseigné que c'était bien souvent le cas des sociétés pré-fascistes.

Définir les missions, les moyens, les contrôles d'un véritable service de police républicaine ne serait peut-être pas du luxe...


18 septembre 2006

Vitaminez votre soum !!!!

L'automne approche. En bon Dom prévoyant, il est nécessaire de s'enquérir de la santé de votre soum.

Si vous souhaitez qu'elle reste au top pour votre service, surveillez son alimentation !
Elle doit faire le plein de calories et de vitamines pour passer l'hiver dans de bonnes conditions. Rappelez vous que nue sous son imper, elle brûlera des calories pour se réchauffer et pour vous réchauffer.
Soyez précautionneux !

Offrez lui ce magnifique presse-agrume !

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En Doms inventifs, il arrive que les séances soient longues et fatigantes (pour nous bien sûr) alors variez grâce à ce siège les punitions.
Un bon jus d'orange et vous retrouverez votre entrain.

Quelques suggestions :

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Vous pourrez retrouver toutes les données techniques sur ce site.

Merci à nuage pour ce lien qu'elle m'a transmis en me disant : "tu prends ou je l'envoie à Bric à Brac ? "... large sourire.

 

27 février 2006

Grippe aviaire...toute la vérité!!!!

Plus de onze milles dindes (pas vierges, euh verges) occises en quelques heures...voilà de quoi filer le bourdon à tous les pseudo maîtres du petit monde du bdsm...quel désastre!!!
Plus sérieusement, tout un chacun se demande comment une telle catastrophe est rendue possible?
D'où nous vient ce virus sournois qui menace ainsi nos dindes?
Tout le monde pensait qu'il provenait d'asie, de pays où les dindes sont tarifées, où de joyeux lurons bedonnants vont goûter aux plaisirs infâmes de la chair fraîche.
En fait, mes errances sur le net m'ont révélé la Vérité.
Tout juste rescapé des bretzels, voilà celui qui a contaminé nos dindes :

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Après cela on s'étonne qu'il attire toutes les "fat" oies!!!!

13 octobre 2008

Recherche

Cet homme recherche !



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Mon ami Gilbert, photographe, recherche pour un projet sur Paris, les coins insolites, les coins charmants, tous ceux qui vous tiennent à cœur.
Homme d'esprit, il cherche également à prendre de la hauteur. Donc si vous disposez d'une chambre de bonne ou d'une vaste terrasse surplombant Paris faites nous le savoir.
Merci d'avance pour vos suggestions et vos propositions que je ferai suivre.



--@--

16 septembre 2008

Lia G.

Tombé en arrêt devant une splendide photo de minerve sur le site un vertige puis le Silence. Suivi le lien présent. C'est ainsi que j'ai découvert avec beaucoup de plaisir Lia G. jeune photographe espagnole.
J'aime l'univers qu'elle nous donne à voir.
Spéciale dédicace de ces photos à une grenouille et à ses "up and go"...


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Missing



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The Forbidden Pleasures



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The Glory Inside



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Justine



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Praxis del Corazon-3



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Chocolate Addict



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The Mirror Dame



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Debris in my Mind



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Danza de los Cristales



Ode_to_Onanism_by_Kaotika
Ode to Onanism



A_Masochistic_Affair_by_Kaotika
A Masochistic Affair



La_Pasion_de_Juana_by_Kaotika
La Pasion de Juana



The_Tragedy_of_Macbeth_by_Kaotika
The Tragedy of Macbeth



Sibyl_by_Kaotika
Sibyl



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La Manola



Laudanum_by_Kaotika
Laudanum



I_Feel_You_by_Kaotika
I Feel You


Lullaby_by_Kaotika
Lullaby




Tous les titres des photos sont de l'auteur.



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27 janvier 2008

Jose Manchado... en noir et blanche

J'ai découvert José Manchado par une de ses photos, sur le site d'Artéros. J'ai passé un temps fou sur son site tellement son travail est dense et intéressant. Près de 2 000 photos, des dossiers fournis, des galleries à foison...
Très difficile ensuite de faire un choix, de tirer un fil conducteur permettant de donner une idée d'une telle diversité. Prenez le temps d'errer longuement sur ce site, vous ne le regretterez pas...
Je vous recommande la galerie de Carmen, modèle, un régal de féminité resplendissante.
Mon choix pour les photos ci-dessous est partisan. Il fait écho à un racisme ordinaire qui m'irrite, se répand de plus en plus et s'affiche sans vergogne. Indécent !

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Quel dommage, quelle barbarie, que dans notre société civilisée il faille des "papiers" pour s'aimer !



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1 décembre 2008

Ne pas tolérer !

Il y a des jours comme ça, submergé par la révolte, où j'ai envie de pousser une gueulante.

sida


Journée mondiale contre le sida : 2 tiers des malades mondiaux sont concentrés en Afrique. La seule avancée notée est l'espérance de mort ! (sources : l'huma d'aujourd'hui)

Un ancien directeur de publication de Libé est déféré devant un juge, de force, dans des conditions humaines inacceptables mais qui sont de plus en plus pratiquées par les forces de l'ordre. Indignation médiatique pour ce cas, silence médiatique complice pour n'importe qui. Éclairage ici

Des gendarmes font irruption dans un collège du Gers accompagnés de chiens renifleurs. Les profs contraints au silence, les élèves fouillés et humiliés. Éclairage ici chez Agnès Maillard.

3 enfants de maternelle arrêtés par la police à Grenoble le 24 novembre en pleine classe pour rejoindre leurs parents expulsés dans la foulée. Eclairage ici

Affaire des jeunes de Tarnac : criminalisation de modes de pensée différents. Utilisation des lois anti-terroristes liberticides.

Il ne s'agit pas ici d'une diatribe contre la police ou la gendarmerie. Il s'agit d'un coup de gueule contre l'utilisation politique des moyens de l'état républicain à des fins partisanes sécuritaires.

Depuis les attentats du 11 septembre, TOUS les états "démocratiques" ont renforcé l'arsenal répressif, d'une façon concertée, en portant atteinte aux droits d'expression et à ce qui fonde l'essence même de la démocratie, à savoir les droits du citoyen.

Se taire aujourd'hui c'est accepter le baillon du silence que l'on nous pose, c'est accepter le bandeau de l'ignorance.

Que faire ? Au moins réagir ! Ne pas accepter !
Ensuite, il faut construire de nouvelles perspectives pour battre en brèche le néolibéralisme de "gauche" comme de droite. Ne plus avoir à choisir entre la peste et le choléra.

Je suis avec une très grande attention la constitution du Parti de Gauche. L'idée d'une République sociale dans une Europe ré appropriée par ses peuples me plait bien.
Il est peut être venu le temps de s'engager. Avant qu'il ne soit trop tard...

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Photo Patrice Leclerc


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23 décembre 2007

Ingrid Betancourt, pour une lueur dans sa nuit

J'ai trouvé les extraits de la dernière lettre d'Ingrid Betancourt en découvrant le blog du Garde-mots.
A sa lecture, j'ai eu des frissons !
Je réponds à son appel en faisant circuler ce texte plein d'humanité et de désespoir.
Faites le circuler à votre tour.
Aussi mince soit-il, l'espoir doit demeurer de sauver au moins une vie.


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Photo de Maria Kikot


« C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités.

Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.

Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.

Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus(…).

Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.

J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.

Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.

Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.

Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].

Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau. Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).

J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.

A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette. (...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.

La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).

A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne sont que des formalités.

(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuie, sur ses épaules, je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)

A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.

Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.

En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.

Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].

Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes]. Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.

Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts. (...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.

Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).

Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais.

Propos sélectionnés et traduits par le Comité de soutien à Ingrid Betancourt.


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23 septembre 2007

Une bouteille à la mer

Parce que parfois les mots des autres sont en phase avec les miens.

Ce texte a été trouvé sur Le Monolecte


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Quand j'étais gosse, comme beaucoup de gosses, d'ailleurs, j'aimais les lancés de ballons rouges avec des cartes postales attachées dessous. J'aimais l'idée d'envoyer un message à un autre gamin du bout du monde, à tisser un lien fragile entre les peuples, même si, en vérité, mes mots ont surtout dû ensemencer le champ du voisin.

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Photo magnifique de Jordan_K | Iordanis Keramidas sur Flickr


J'ai même balancé des bouteilles à la mer, ce qui a bien dû faire plaisir à des plongeurs|nettoyeurs de plage en terme de gestion de déchets. Je n'ai bien sûr jamais reçu de réponse à aucune de ces tentatives, mais le pouvoir évocateur du message abandonné aux caprices des courants, qu'ils soient marins ou aériens est toujours aussi puissant pour moi.

Aujourd'hui, l'envie de communiquer avec l'inconnu du bout du monde est plus forte que jamais... J'ai Internet comme outil et les courants électroniques comme vaisseaux de mes pensées.

Internet est grand et je suis toute petite

Mais je peux envoyer un message au peuple iranien, en me disant qu'au gré des liens et des rétroliens, des traductions plus ou moins précises, il finira bien par en recevoir quelque chose.

Parce qu'aujourd'hui, nous, la piétaille des peuples de la Terre, nous avons enfin la possibilité de nous parler, de communiquer en dehors de nos gouvernants.
Parce qu'aujourd'hui, je n'en peux plus de voir colporter sur les ondes officielles des horreurs dites en mon nom.
Parce qu'aujourd'hui, je ne peux accepter que des dirigeants se targuant de la légitimité d'une démocratie corrompue par les noces monstrueuses du pouvoir, de l'argent et des moyens de communication, se permettent de promettre mille morts et mille souffrances en mon nom.
Parce qu'aujourd'hui, ceux qui ont été élus sur la base de promesses creuses dévoilent leur plan véritable et que celui-ci se propose d'aller porter la guerre, la mort et la souffrance en terre étrangère en mon nom.
Parce qu'aujourd'hui, on ment en mon nom, comme au nom de tous mes compatriotes.
Parce qu'aujourd'hui, on présente le peuple iranien comme un ramassis de terroristes qui ne pensent qu'à nous menacer avec une bombe nucléaire aussi tangible que les ADM de Saddam Hussein, quand bien même Mohammed ElBaradei, de l'AIEA confirme que le pouvoir iranien a toujours cherché une solution pacifique à la crise, quand bien même nous pouvons estimer notre propre force de frappe à 346 têtes nucléaires.
Parce qu'aujourd'hui, le french doctor jette le masque et promet le pire en notre nom, à un peuple qui a pour principal défaut d'être assis sur une énorme réserve de cette ressource noire que la planète entière convoite.
Parce qu'aujourd'hui comme hier, je crois la guerre n'est que l'affaire de quelques cyniques qui œuvrent pour leur profit personnel et que la grande majorité des peuples s'en passerait fort bien.

Internet est encore plus vaste que le ciel et plus profond que les océans, mais j'ai la certitude que, contournant tous les barrages électroniques mis en place par les cyniques qui souhaitent nous dresser les uns contre les autres, nos milliers de petits messages ont cette fois une bonne chance d'arriver à destination. Que dans quelques heures ou quelques jours, quelque part à Téhéran (تهران), Kermanshah (کرمانشاه), Esfahan (اصفهان) ou Zahedan (زاهدان), quelqu'un finira par tomber sur mes mots ou ceux d'un autre et aura ainsi confirmation que Bernard Koushner ne parle pas au nom du peuple de France, mais seulement de quelques va-t-en-guerre qui ont besoin de relancer leur business de mort.

Internet est grand et je suis toute petite, mais nos mots défient l'espace et le temps. Internet est vaste et insondable, mais bien moins que la connerie des hommes qui construisent leurs rêves de richesse et de pouvoir sur le sang des autres. Internet n'est pas un océan qui nous sépare, mais une toile qui nous lie et nous permet de transcender l'espace, le temps et le fossé des langages et des cultures. Aujourd'hui, je peux partager avec un ami du bout de la Terre mes pensées, mes photos, ma musique.

Alors, je peux bien dire à l'Iran que Sarkozy et Koushner ne sont pas plus la France que Bush et Rumfeld ne sont les Etats Unis, que ces gens sont arrivés au pouvoir sur la base de promesses creuses de prospérité pour chacun (et non pour tous), que chez nous comme ailleurs, il y a des télés-Milles-Collines qui nous enseignent la peur et la haine de l'autre et que chez nous comme chez eux, nous aspirons principalement à cultiver notre jardin et à y regarder nos enfants pousser.

Internet est tellement vaste qu'il peut relier tous les hommes entre eux et que nous n'avons plus besoin de personne pour parler en notre nom. Ces conflits que l'on cherche à nous faire éclore dans la tête ne sont pas les nôtres, mais ceux de quelques grandes transnationales de l'énergie et des armes, qui financent des médias-poubelles et des gouvernements fantoches, partout.

C'est pour tout cela qu'aujourd'hui j'écris au peuple iranien, ainsi qu'à tous les autres qui ont à souffrir du ramassis de cyniques qui nous sert de gouvernants, c'est pour cela que j'espère aussi que d'autres sur la toile en feront de même, et de plus en plus, jusqu'à déferler et balayer la pensée creuse dominante.

Internet est grand et je suis toute petite. Mais le pouvoir des mots est plus grand encore et peut jeter des ponts au-dessus des abîmes d'incompréhension et de haines creusés par une poignée d'entre nous.

Voici mon message.
Puisse-t-il circuler partout.
Puisse-t-il surtout en inspirer d'autres.
Beaucoup d'autres.

Par Agnès Maillard    le mardi 18 septembre 2007, 09:46

 

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4 juin 2009

Quelle Europe ?

Pour refuser le libéralisme qui broie les hommes et les femmes.
Pour dire non à toutes les compromissions et au traité de Lisbonne.

Et tout simplement parce que je suis pour une Europe des peuples, mettant au centre de ses préoccupations les hommes et les femmes qui la composent.
Une Europe laïque, sociale et ouverte sur le monde.

Une forte envie de mettre une nouvelle Europe en chantier...

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